Mots courants
Quelques mots courants de Japonais, qui pourront vous servir …
Ce glossaire regroupe les termes transversaux qui ne relèvent ni d’une technique précise ni d’une position, mais qui reviennent constamment à l’oral au dojo : formules de politesse, désignations des grades et statuts, repères temporels ou directionnels. Comprendre ce socle de vocabulaire facilite l’apprentissage du reste de la terminologie technique, elle-même bâtie sur ces mêmes racines japonaises.
Kokoro No Sen
5ème niveau du Sen
Le Kokoro No Sen (心の先), le « Sen du cœur » ou « Sen de l’esprit », représente le niveau le plus élevé et le plus subtil des concepts de timing en Karaté, au-delà même du Sen No Sen ou du Sen Sen No Sen. Il ne s’agit plus ici d’un timing d’exécution technique, mais d’un état mental : une concentration et une vigilance si totales que l’adversaire, en percevant cette présence, ne parvient même plus à former l’intention d’attaquer. Il se retrouve réduit à attendre une faille, une baisse de garde, sans jamais oser prendre l’initiative. Ce niveau de Sen relève davantage de la maîtrise mentale (Mushin, l’esprit sans pensée parasite, et Zanshin, la vigilance continue) que de la seule technique corporelle, et constitue l’un des objectifs ultimes de la pratique avancée du Karaté, notamment en Kumite face à un adversaire expérimenté.
Komban Wa
Bonsoir
Bonsoir (Konbanwa). Formule de salutation utilisée en soirée.
Komi
Appuyer
Action de presser/pousser, présent dans des mots composés (Kime, Zenkutsu...).
Konbanha
Bonjour
Bonjour (du soir, bonsoir)
Konichi Wa
Bonjour
Bonjour (dans la journée), variante orthographique de Konnichiwa.
Konnichiha
Bonjour
Bonjour (dans la journée). Salutation standard, aussi romanisée Konnichiwa.

Koshi No Kaiten
Rotation de la hanche
La rotation du bassin ou koshi no kaiten est certainement l’une des caractéristiques essentielles de la puissance du Karaté !
On distingue classiquement deux modes de rotation : le Jun Kaiten, ou le bassin tourne dans le meme sens que la technique (comme pour le Gyaku Zuki), et le Gyaku Kaiten, ou il tourne en sens inverse, les deux permettant d’accumuler et de restituer de l’energie differemment selon la technique executee.

Koshi Wari
Travail des hanches
Désigne toutes les techniques de travail des hanches (Koshi) dans le Kendo et le Sumo.
Dans le Sumo particulièrement qui nécessite un excellent Shiko, vous trouverez des exercices très utiles pour le développement de votre Karaté. Le pratiquant va rechercher l’ouverture faciale maximum de ses hanches et descendre son centre de gravité vers le sol.
Pour réaliser cet exercice de Koshi Wari correctement, respectez les étapes suivantes
- Le corps est droit, il ne doit pencher dans aucune direction
- Les genoux et les orteils doivent être ouverts au maximum et être alignés
- Les jambes doivent être rester verticales lorsque vous descendez
- Il faut respirer et rester décontracté dans ce mouvement de descente des hanches
Koshin
En arrière
En arrière, vers l’arrière. Décrit un mouvement ou déplacement en direction opposée à l’avant (Mae).
Ku
Neuf
Le chiffre neuf a deux lectures japonaises, Ku et Kyuu, employées selon le contexte. Kyu désigne aussi les grades de progression avant la ceinture noire (à ne pas confondre malgré la ressemblance).

Kuatsu
Réanimation
Techniques de réanimation de celui qui a perdu conscience suite à un étranglement ou un coup. Elles sont régroupées dans le Kappo.
Ces techniques, qui consistent a appliquer pressions ou frappes sur des points vitaux (kyusho), trouveraient leur origine dans la Chine antique liee aux debuts de l’acupuncture, avant d’etre importees au Japon vers le VIe siecle. Information non recoupee : leur pratique y serait longtemps restee le quasi-monopole de la caste des samourais, transmise oralement.

Kubotan
Technique de self-défense
Technique de self-défense inventée par Takayuki Kubota. Normalement, cette arme sert de porte-clef. Au départ prévue pour les policiers, elle s’est développée comme technique de self-défense.
Kudasai
S’il vous plait
S’il vous plaît, formule de politesse utilisée pour formuler une demande polie.

Kuro
Noir
Noir. Couleur, notamment celle de la ceinture noire, marquant l’accès au niveau des Dan après les grades Kyu.
La ceinture noire se dit kuro-obi. Le systeme de grades kyu/dan a ete cree a la fin du XIXe siecle par Jigoro Kano pour le judo, puis adopte pour le karate par Gichin Funakoshi (les sources divergent sur la date exacte, 1924 ou 1926).
Kushanku
Kata
Kata dont le nom viendrait d’un émissaire chinois surnommé Kushanku, venu à Okinawa au 18e siècle et dont l’art de combat aurait inspiré cette forme. Développé en Shorin Ryu puis en Goju Ryu, c’est l’un des kata les plus longs et les plus anciens du répertoire okinawaïen. Gichin Funakoshi japonisa ensuite le nom en Kanku lors de la fondation du Shotokan, donnant naissance aux versions Kanku Dai et Kanku Sho.
Kutsu
Position
Position, posture. Terme générique parfois utilisé de façon interchangeable avec Dachi pour désigner l’implantation des appuis au sol.
Kuzushi
Déséquilibre
Kuzushi c’est le déséquilibre d’un opposant. Ce déséquilibre peut être
• physique, par exemple après un balayage
• mental, par exemple en réalisant une action de diversion avant la frappe réelle et définitive
• spirituel, par exemple avec un Kiai juste avant son attaque, et qui affaiblit son esprit de combat
Kuzushi Waza
Techniques de déséquilibre
Kuzushi (崩し)
Définition rapide : Le kuzushi est le principe consistant à rompre l’équilibre de l’adversaire avant ou pendant l’exécution d’une technique, pour le rendre incapable de se défendre ou de contre-attaquer efficacement. Ce n’est pas un simple déséquilibre passager : c’est l’instant où la posture de l’adversaire est brisée au point qu’il ne peut plus réagir à temps.
Traduction : Kuzushi vient du verbe transitif kuzusu (崩す), « démolir », « faire s’effondrer », « mettre à bas ». Waza signifie « technique » — l’association kuzushi waza désigne donc l’ensemble des techniques de déséquilibre, par opposition aux techniques de frappe (atemi waza) ou de saisie pure.
Catégorie : Principe transversal, pas une technique isolée — il s’applique en kumite, en self-défense, et dans les applications (bunkai) de kata.
Origine et place en karaté
Le kuzushi est formalisé comme principe fondamental en judo, où il constitue la première des trois phases d’une projection réussie (kuzushi → tsukuri, le placement → kake, l’exécution). Le karaté n’a pas développé ce principe avec le même degré de formalisation technique, mais il reste présent, en particulier dans les styles okinawaïens à héritage de corps-à-corps : le Uechi-Ryu, le Goju-Ryu et le Wado-Ryu l’intègrent explicitement dans leur pratique.
Exécution — les trois leviers principaux
1. Action directe : pousser ou tirer l’adversaire au moment d’entrer dans la technique, en exploitant son appui.
2.
Provocation de l’action : utiliser une feinte ou une attaque combinée pour pousser l’adversaire à se déplacer dans une direction prévisible.
3. Utilisation de l’action adverse : retourner contre lui son propre mouvement — céder quand il pousse, tirer quand il recule.
Points techniques essentiels
- Le déséquilibre précède toujours la technique, jamais l’inverse — frapper ou projeter avant d’avoir obtenu le kuzushi expose à une résistance ou un contre.
- La direction d’attaque la plus efficace sur un adversaire debout, pieds à largeur d’épaules, est perpendiculaire à l’axe des jambes (effet « béquille ») plutôt que droit devant/derrière, où l’appui est naturellement plus stable.
- Le kuzushi peut être physique (poussée, traction, atemi) ou provoqué par surprise (kiai, feinte, manipulation articulaire sur un point sensible).
Erreurs fréquentes
- Tenter d’enchaîner directement une technique de contrôle ou de projection sans avoir au préalable cassé l’équilibre de l’adversaire.
- Pousser ou tirer dans l’axe de plus grande stabilité de l’adversaire (face à face) plutôt que sur une ligne de faiblesse.
Conseils pédagogiques
Travailler le kuzushi isolément, sans chercher à enchaîner la technique qui suit, permet de ressentir précisément le moment où l’appui de l’adversaire est rompu — un repère qui se perd si l’on se concentre uniquement sur l’exécution finale.
Selon les écoles
Le degré d’attention porté au kuzushi varie fortement selon les styles. Dans le Goju-Ryu et le Uechi-Ryu, hérités de pratiques de corps-à-corps okinawaïennes, le principe est explicitement travaillé via le kakie (exercice de sensibilité aux bras collés) et les applications de torite/tuite (manipulations articulaires). Dans des styles plus distancés comme le Shotokan, le kuzushi reste présent mais davantage implicite, intégré aux déplacements (tai sabaki) plutôt qu’enseigné comme bloc technique à part.
Utilisation en kumite
En combat, le kuzushi sert à ouvrir une ligne d’attaque : une poussée, un contact sur le bras qui dévie la garde, ou une feinte qui provoque un transfert de poids peuvent suffire à créer la fraction de seconde nécessaire pour placer une technique sans rencontrer de résistance.

Kyoku
Ultime
L’ultime, l’extrême. Préfixe du style Kyokushinkai, littéralement l’école de la vérité ultime, fondée par Mas Oyama, évoquant la recherche d’une maîtrise et d’une vérité poussées à leur point le plus absolu.
Kyoshi
Maître Instructeur
Il s’agit d’un niveau de Dan dans la séquence Renshi, Kyoshi en Hanshi. Signifie aussi maîtrise intérieure, Grande connaissance de l’art
Le kanji Kyo (enseigner) donne au titre le sens litteral de « maitre enseignant ». Comme Renshi et Hanshi, ce titre a ete cree par le Dai Nippon Butoku Kai. Il est generalement decerne entre le 6e et le 8e dan, a partir de 40 ans, apres au moins dix ans passes en tant que Renshi.