Zones de frappe
La plupart des surfaces dures du corps peuvent être utilisées comme zone de frappe en Karate. La plupart sont bien sûr localisées sur les mains et les pieds. Une technique peut souvent être utilisée par plusieurs zones de frappe. Il est important de savoir varier les techniques sur les différentes zones de frappe mais également de les renforcer par des exercices spécificiques
(Voir le glossaire synthétique)
Nihon Nukite
Attaque avec deux doigts
Attaque avec deux doigts
Frappée avec seulement deux doigts (index et majeur), cette technique est l’une des plus fragiles du répertoire pour celui qui l’exécute : elle exige une préparation spécifique des doigts (conditionnement progressif, notamment au Makiwara ou dans le sable) pour éviter la blessure, et ne vise que des cibles à très faible résistance structurelle comme les yeux ou la gorge — jamais une surface osseuse ou musculaire dense.

Nukite
Attaque de doigts
Le Nukite (貫手), littéralement « la main qui transperce », est une technique d’attaque du Karaté portée avec l’extrémité des doigts tendus plutôt qu’avec le poing ou la paume. Selon le nombre de doigts utilisés, on distingue plusieurs formes : l’Ippon Nukite (un seul doigt, généralement l’index), très risqué mais redoutablement précis pour viser un point vital (Kyusho) ; le Nihon Nukite (deux doigts, index et majeur) ; et le Yonhon Nukite (les quatre doigts longs réunis), la forme la plus courante et la plus solide. Le Nukite exige une préparation physique rigoureuse et progressive, généralement au moyen d’exercices spécifiques sur du sable ou des graines, afin de renforcer les tendons et les articulations des doigts sans risquer de blessure grave, la technique étant par nature beaucoup plus fragile qu’un Seiken.

Oyayubi Ippon Ken
Articulation du pouce
Frappe réalisée avec l’articulation du pouce (Oya=Pouce, Yubi=Doigt)

Poing Funakoshi
Poing Funakoshi
Cette forme de poing apparaît dans les livres de Maître Gichin Funakoshi : «Karaté Jutsu, la bible du karaté-dô » de 1925 (Budo Editions 2001) et « Karaté-dô Kyôhan, le livre du Maître » de 1935, France Shotokan, 1979.
Le Seiken actuel est un poing fermé avec l’ensemble des doigts replié et le pouce par-dessus.
La forme dite de Funakoshi est ancienne et on ne replie les phalanges, phalangines et phalangettes que du majeur, de l’annulaire et de l’auriculaire. L’index quant à lui n’aura que la phalange et la phalangine de repliées la phalangette elle restera droite et reposera sur la base du pouce et le pouce enserrera l’index contre le majeur. Cette forme demande une plus grande expérience du Karaté à cause de la faiblesse de l’annulaire et de l’auriculaire, elle n’est donc pas adaptée pour des débutants.
Masatoshi Nakayama élève du Maître et premier instructeur en chef de la JKA, dans « karaté dynamique » 1966 écrit :
« Cette façon de fermer le poing était employée couramment jusqu’à il y a environ 30 ans, mais peu de karatékas l’utilisent aujourd’hui. Sa popularité a régressé, malgré que l’index et le doigt moyen forment une boule serrée, parce que le petit doigt tend à être trop lâche et faible. De plus, pour débuter il est très difficile de fermer le poing de cette manière. Cependan, si on s’habitue à cette méthode le poing peut être rapidement formé. Les deux méthodes de fermeture de poing sont utiles. »

Ryutoken
Phalanges repliées, majeur dépassant
Zone de frappe des 4 phalanges repliées

Seiken
Poing fermé
Le Seiken (正拳), le « poing correct », est la principale arme de poing du Karaté et la surface de frappe utilisée dans la grande majorité des techniques de percussion à la main. Il se forme en fermant fermement les doigts puis en verrouillant le pouce par-dessus l’index et le majeur, le dos de la main orienté vers le haut au moment de l’impact. La frappe se concentre exclusivement sur les articulations des deux premières phalanges de l’index et du majeur (les 2ème et 3ème métacarpiens) : c’est cette petite surface qui concentre toute la puissance et explique l’importance du Makiwara (poteau d’entraînement) pour durcir et aligner correctement le poing. Un mauvais alignement du poignet au moment du choc est la cause la plus fréquente de blessure avec cette technique. Selon les styles, le Seiken est parfois désigné sous les noms de Hon Ken, Shoken ou Kobushi, mais le principe reste identique.

Shoken
Deuxième phalange du doigt
Zone de frappe constituée de la 2ème phalange de l’index

Shotei
Paume de la main
Désigne un coup avec la paume de la main
Le Shotei (frappe du talon de la paume) vise généralement le menton, le nez ou le sternum, et présente l’avantage, par rapport à un coup de poing fermé, de réduire fortement le risque de blessure aux articulations de la main du pratiquant en cas d’impact sur une structure osseuse dure — ce qui en fait une technique privilégiée dans les curricula orientés self-défense.

Shuto
Tranchant extérieur de la main
Coup avec le sabre de la main. De très nombreuses techniques, blocages ou attaques se font en Shuto.
Il est important de garder les doigts bien serrés ensemble et le pouce replié à l’intérieur. Pourquoi ?
• Les doigts serrés pour qu’au moment de l’impact ils ne s’entrechoquent pas. Vous vous en rendrez compte en faisant des casses de planch en Shuto
• Le pouce replié pour éviter qu’il se prenne un choc lors de votre combat, il est mieux protégé replié à l’intérieur de la paume
• Cette position permet une meilleure extension de la paume pour la frappe sur le tranchant
Les coups en Shuto sont extrêmement puissants et efficaces. Ils peuvent aussi bien servir en défense (Uke) qu’attaque (Uchi)
La surface de frappe se situe sur le tranchant externe de la main (bord cubital, entre la base de l’auriculaire et le poignet) — c’est cette zone qui donne son nom au Shuto (« sabre de main »). Les cibles privilégiées en application martiale sont les zones sensibles du cou (artère carotide, muscle sterno-cléido-mastoïdien), la gorge, la clavicule, les tempes, ainsi que le poignet ou le coude en contrôle articulaire. Utilisé en défense (Shuto Uke, le blocage tranchant) comme en attaque (Shuto Uchi), le geste repose sur la même mécanique de rotation de l’avant-bras et de verrouillage du poignet au moment de l’impact ; on retrouve ce même principe sous le nom de Tegatana en Aikido, où il sert aussi bien de frappe que de point d’appui pour les techniques de déséquilibre et de projection.

Sokuto
Tranchant extérieur du pied
Le Sokuto (足刀), le « sabre du pied », désigne le tranchant extérieur du pied, obtenu en relevant fermement le bord externe du pied tout en tendant les orteils vers le bas. C’est la surface de frappe utilisée dans le Yoko Geri (coup de pied de côté), l’une des techniques de jambe fondamentales du Karaté, dont la puissance dépend directement d’un bon verrouillage du Sokuto au moment de l’impact. Un mauvais alignement de cette surface de frappe expose le pratiquant à un risque d’entorse ou de fracture.
Sune
Tibia
Le Sune (脛) désigne le tibia, la face avant de la jambe entre le genou et la cheville. C’est une zone cible fréquente des coups de pied bas (Gedan Mawashi Geri notamment), en particulier en Karaté de combat plein contact où ce type de frappe vise à déstabiliser l’appui de l’adversaire. Le Sune est aussi la partie du corps que le pratiquant renforce lui-même, par un travail progressif au Makiwara ou sur sac, afin de pouvoir porter ses propres coups de pied circulaires sans se blesser au moment de l’impact.

Taisho
Main ouverte
Main ouverte, fait référence à cette zone de frappe de la paume ouverte.

Teisoku
Tranchant intérieur du pied
Teisoku, c’est le tranchant intérieur du pied. Peut servir en attaque comme en blocage.
Le Teisoku est la surface de frappe utilisée dans le Mikazuki Geri (coup de pied en croissant de lune), où il permet un contact plus large et plus sûr qu’une frappe avec les orteils. Il sert aussi de surface de blocage dans certaines défenses de jambe, où sa forme incurvée facilite l’accroche de la jambe adverse.

Toho
Gueule de tigre
Gueule de tigre ( zone de frappe )

Ura Shuto
Tranchant intérieur de la main
L’inverse du tranchant extérieur de la main, soit l’intérieur : Haito !

Yohon Nukite
Attaque avec 4 Doigts
Le Yohon Nukite (四本抜き), la « frappe à quatre doigts », est une variante du Nukite où les quatre doigts longs de la main (à l’exception du pouce, replié pour soutenir la structure) sont tendus et resserrés pour former une surface de frappe plus large que l’Ippon Nukite (un doigt) ou le Nihon Nukite (deux doigts). Cette configuration réduit la précision par rapport aux variantes à un ou deux doigts, mais offre en contrepartie une meilleure répartition de la force et un risque de blessure moindre pour le pratiquant qui l’exécute.